Traduction de http://www.gifteddevelopment.com/About_GDC/whoaregiftd.htm, avec l’aimable autorisation de Linda Silverman.

Détecter les surdoués en utilisant le WISC IV.

 

Linda Kreger Silverman, Ph. D., Barbara « Bobbie » J. Gilman, M.S.and R. Frank, PH.D.
 
 

Chaque génération de tests de QI des divers éditeurs de tests est au final révisée et renormée, avec la possibilité de reformuler complètement un test. Nous sommes dans une phase de transition maintenant, utilisant des séries complètement neuves de tests et déterminant ce qui marche et ce qui ne marche pas, ou quelles portions utiliser pour satisfaire les différentes besoins. Comme toujours, les tests présentent à la fois des améliorations et des pertes pour les surdoués. Nous avons vu quelques extensions du plafond des tests, dont les surdoués bénéficient, et augmentent l’importance des capacités de traitement, qui les desservent.

Les tests de Wechsler continuent d’être de bons tests de QI initiaux pour les surdoués. Bien qu’ils atteignent rarement des scores au-delà des 140, ils offrent des bonnes informations de diagnostic et des indications de capacité malgré leurs limites. Le Wechsler Intelligence Scale for Children-Fourth Edition (WISC-IV), paru en aout 2003, remplace le WISC – III. Les écoles de districts ont généralement un an, selon les standards de la American Psychological Association (APA), pour commencer à utiliser la nouvelle version d’un test de QI. Néanmoins, la plupart des écoles de districts devrait commencer à utiliser la nouvelle édition cet automne.

Le WISC-IV diffère substantiellement du WISC-III. Alors que le score le plus haut possible est toujours 160, le WISC-IV offre des questions plus difficiles à l’extrémité la plus haute de bon nombre de subtests. Les scores de QI Verbal et de QI Performance de ses prédécesseurs ont été éliminés. Les 10 subtests obligatoires produisent un QI Global et quatre indices: Compréhension Verbale, Raisonnement Perceptif, Mémoire de Travail et Vitesse de traitement. Les indices de Compréhension Verbale et de Raisonnement Perceptifs sont de très bons indicateurs de douance. Ils font un travail admirable d’évaluation du raisonnement verbal abstrait et produisent des tests très utiles de raisonnement visuel avec moins d’emphase sur le chronométrage. La Mémoire de Travail et la Vitesse de Traitement sont moins corrélées à la douance. Les cinq subtests supplémentaires ajoutent de la flexibilité; deux substitutions sont autorisées dans les indices pour le calcul du QI Global.

Les indices Dumont-Willis (http://alpha.fdu.edu/psychology/) offrent une autre approche pour évaluer les scores au WISC-IV au delà du QI Global quand les scores des indices de Compréhension Verbale et de Raisonnement Perceptif sont plus hauts que ceux de la Mémoire de Travail et la Vitesse de Traitement (le manuel technique du WISC-IV suggère que ce sera généralement le cas). Le score de l’indice 1 de Dumont_Willis ( DWI-1) peut être calculé à partir de la combinaison de la Compréhension Verbale et du Raisonnement Perceptif, alors qu’un score au DWI-2 peut être calculé à partir de la combinaison de la Mémoire de Travail et Vitesse de Traitement. Ces calculs, basés sur les formules de Tellegen et Briggs, pourraient être utiles aux écoles. Le DWI-1 serait un excellent outil d’identification des enfants surdoués pour les programmes scolaires, et seulement six subtests du WISC-IV sont nécessaires pour l’obtenir.

Le WISC-IV produit beaucoup de scores de niveau surdoué dans notre centre Gifted Development Center. Cependant, certains des scores de QI globaux sont excessivement diminués par les scores de Mémoire de Travail et de Vitesse de Traitement. Comme l’intelligence est tout d’abord la capacité à raisonner de façon abstraite, insister sur la mémoire auditive à court-terme et la vitesse de traitement sur un test écrit au crayon est moins utile. Deux subtests de Mémoire de Travail ( seulement un était nécessaire au WISC-III) et deux subtests de Vitesse de Traitement (seulement un était nécessaire au WISC-III) donnent plus de poids à ces capacités de traitement dans le score de QI global. C’est malheureux pour les enfants surdoués et cela entrave l’utilisation du QI Global pour les identifier.
Dans l’échantillon normatif du WISC-IV, le groupe surdoué ( qui avait eu un score supérieur à 130 auparavant) a obtenu un score de QI global de 123,5 au WISC-IV. Leur score de Compréhension Verbale était de 124,7 et le Raisonnement Perceptif de 120,4. Cependant, conformément à notre expérience, leur Mémoire de Travail a obtenu une moyenne de seulement 11é,5 et leur Vitesse de Traitement était seulement de 110,6 ( Manuel Technique du WISC-IV, P.77)

Plus d’importance donnée aux capacités de traitement.

Peut-être l’inclusion de plus de mesures des capacités de traitement est appropriée pour les enfants qui fonctionnent moins bien. Si la vitesse de traitement de l’enfant lors d’une tâche au papier et au crayon est si faible qu’il ou elle ne peut pas terminer un travail en un temps raisonnable en classe, la vitesse de traitement peut être un facteur si limitant qu’il doit être inclus dans les scores de QI. De la même façon, si la mémoire auditive à court terme est si mauvaise que les instructions de l’enseignant ne peuvent être du tout retenues, c’est un problème significatif. Cependant, les enfants surdoués ont rarement de très mauvaises performances dans ces domaines dans l’absolu.Il est bien plus sensé de les identifier comme des surdoués en se basant sur les tests qui mettent l’accent sur le raisonnement, de leur fournir/proposer une éducation adaptée aux surdoués, et alors inclure tout aménagement basé sur leurs faiblesses relatives.

Un score de QI Global qui lisse le raisonnement surdoué et des capacités de traitement échoue à identifier à la fois la douance et la faiblesse relative. Les auteurs des tests ont faussement supposé que les enfants surdoués étaient rapides. Certains sont très rapides, d’autre sont plus réfléchis et perfectionnistes, ce qui ralentit leur vitesse. Les enfants surdoués montrent aussi une préférence pour les items ayant un sens, et peuvent ne pas bien réussir aux tests de mémoire à court-terme ou d’autres tâches comportant des items qui n’en ont pas. Ils réussissent tellement mieux aux tests comportant des items ayant un sens que les scores sur des items qui en sont privés sont difficiles à interpréter.

Plus l’intelligence d’un enfant est élevée, plus il semble raisonnable de supposer que l’enfant devrait avoir un bon score dans les quatre indices. Cependant, comme noté ci-dessus, le groupe haut potentiel de l’échantillon test a eu des résultats supérieurs dans la Compréhension Verbale et le Raisonnement Perceptif, mais considérablement plus bas en Mémoire de Travail et Vitesse de Traitement. Très certainement un autre groupe que les surdoués a eu de très bons résultats dans ces deux domaines, mais ils introduisent une variable confusionnelle dans le score de QI Total. Les deux indices les plus bas ne reflètent pas les capacités des surdoués et tendent à diminuer leur score à l’échelle globale. Ceci étant dit, choisir le test approprié pour apporter la preuve des points forts des surdoués et diagnostiquer les faiblesses va être un challenge pour ceux qui les testent , sans éliminer des enfants qui ne satisferaient alors pas aux exigences d’entrée dans les programmes pour surdoués.

Dawn Flanagan et Alan Kaufman (2004), dans Essentials of WISC-IV Assessment, exposent que le QI Total ( QIT) ne devrait pas être communiqué si la variance entre le composant le plus haut et celui le plus bas est de plus de 23 points. Le groupe des surdoués dans l’échantillon étalon du WISC-IV a montré un écart de 13 points, suggérant le grand nombre d’enfants surdoués dont le QIT ne devrait pas être utilisé.

Les recherches du Gifted Development Center (GDC) sur 103 enfants ( Falk, Silverman et Moran, 2004) ont mis en évidence des écarts encore plus importants. Leur signification est évidente quand les résultats sont comparés à ceux d’un groupe de contrôle de l’échantillon étalon:

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Il y a peu de variance dans les indices du groupe de contrôle: moins de 4 points de QI entre les scores aux subtests le plus haut et le plus bas. Notez que les indices de Mémoire de Travail et de Vitesse de Traitement ne font pas baisser le score de QI Total. Au contraire, la moyenne totale est en réalité plus élevée que l’indice le plus haut. Par comparaison, l’écart moyen entre les scores aux subtests les plus hauts et les plus bas dans l’échantillon surdoué était de 27,4 points. Presque 60% de l’échantillon avaient des écarts entre l’indice de Compréhension Verbale et l’indice de Vitesse de Traitement de 23 points. Les écarts ont atteint 69 points – plus de 4 déviations standard.Il révèle aussi que les différences en Vitesse de Traitement étaient négligeables alors que le groupe surdoué a montré un avantage de 25 point sur le groupe contrôle en raisonnement verbal abstrait: moins de 2 points. Il est évident que les élèves surdoués n’effectuent pas plus rapidement ces tâches de vitesse de traitement que les élèves moyens.

Des quatre indices, l’indice de Compréhension Verbale est clairement le meilleur indicateur de douance et l’indice de raisonnement Perceptif, le second. Le score de QI Total moyen de l’échantillon surdoué a été définitivement réduit sous la barre de la douance, même si l’indice moyen de compréhension verbale était assez haut pour qualifier ces élèves pour les programmes spécialisés pour surdoués. Avec ces scores, une règle générale pourrait être d’éliminer toute considération du QI total pour l’identification des surdoués.

Flanagan et Kaufman (2004) suggèrent d’utiliser l’IAG (Indice Général d’Aptitudes) à la place, qui, comme le DWI-1 de Dumont et Willis, utilise seulement les scores de Compréhension Verbale et Raisonnement Perceptif. C’est ce qui est maintenant préconisé par les formateurs de Harcourt Assessments ( PsychoCorp). Si la table de l’IAG du livre de Flanagan et Kaufman était utilisée pour combiner les moyennes des indices de Compréhension Verbale et de Raisonnement Perceptif de l’étude du Gifted Development Center (131,7+126,4), l’IAG moyen résultant du groupe surdoué serait de 132, ce qui les qualifierait pour les programmes pour surdoués.

Les subtests les plus appropriés pour évaluer la douance.

Le graphique suivant indique les meilleurs subtests pour la population surdouée dans deux études différentes ( les subtests entre parenthèses sont optionnels)

Moyennes aux subtests du WISC-IV de 63 enfants surdoués de l’échantillon étalon comparés à 103 enfants surdoués du GDC.

[table id =2/]

Les similitudes, le vocabulaire et la compréhension constituent les trois subtests obligatoires pour le calcul de l’indice de Compréhension Verbale. Notez que, dans les deux études, ces trois subtests émergent parmi les plus hauts scores des groupes surdoués. Les matrices, les puzzles visuels et les cubes, qui constituent les trois subtests obligatoires pour le calcul de l’indice de Raisonnement Perceptif, apparaissent être parmi les meilleurs des subtests obligatoires (non optionnels). Les puzzles visuels font considérablement mieux avec l’échantillon du Gifted Development Center que parmi le groupe de surdoués de l’échantillon normatif.

Dans l’échantillon d’étalonnage, l’arithmétique surpasse tout sauf le vocabulaire, et dans l’échantillon du Gifted Development Center, on le trouve à la 6ème place. Des informations supplémentaires sur l’Arithmétique peuvent être trouvé dans les coefficients de corrélation de l’intelligence générale. Notez qu’elle remporte le plus haut rang comme mesure de l’intelligence générale.

Bonne mesures de g:
Arithmétique .768
Vocabulaire .751
Information .748
Similitudes .733

Mesures correctes de g:
Matrices .687
Cubes .672
Raisonnement Verbal .648
Compréhension .646
Séquences lettres-chiffres .621
Complément d’images .616
Puzzles visuels .582
Symboles .568
Mémoire des chiffres .525

Mauvaise mesure de g
code .454

La pire mesure de g
Barrage .209

(Keith, Fine, Taub, Reynolds, &Kranzler, 2004)

En combinant les informations des performance des deux groupes d’élèves surdoués avec les coefficients de corrélation de l’intelligence générale, il devient clair que l’arithmétique est une bien meilleure mesure de la douance que les séquences lettres-chiffres ou la mémoire des chiffres, les deux subtests obligatoires pour calculer l’indice de Mémoire de Travail.  Bien que les séquences lettres-chiffres aient un meilleur rang que la mémoire des chiffres pour la corrélation avec l’intelligence générale, cette dernière  induit des réponses plus prédictives et interprétables de la part des élèves. Les séquences lettres-chiffres consistent à écouter une liste aléatoire de lettres et de chiffres, de les séparer et de les manipuler de la façon prescrite. Une question relativement fréquente face  à cette épreuve est  » Vous voulez que je fasse quoi? » Un garçon a mis environ 3 minutes à chaque fois pour les derniers items et a fait remarquer qu’il se sentait nauséeux ensuite.

Donc, au Gifted Development Center, nous substituons l’Arithmétique aux séquences lettres-chiffres dans la plupart des évaluations. Si un enfant apparait comme phobique aux mathématiques, nous ne faisons pas la substitution. Deux substitutions sont acceptées pour calculer le score de QI Total, tant qu’elles reflètent un jugement a priori, avant que le test ne soit administré à moins qu’un subtest ne soit dévoilé pendant la phase de test.

Le nouvel item Barrage  n’est pas particulièrement intéressant pour évaluer la douance, à la fois d’après les performances des deux groupes de surdoués et sa corrélation extrêmement faible avec l’intelligence générale. Il est encore moins corrélé avec l’intelligence générale que le subtest de labyrinthes qui a été retiré du WISC-IV. Le Gifted Development Center utilise ce subtest optionnel seulement en de rares occasions , à des fins de diagnostic. Malheureusement, le subtest de code, qui n’a jamais été un bon indicateur de douance dans les précédentes versions du WISC ( Kaufman, 1992), continue d’être un subtest obligatoire dans le WISC-IV. Comme on peut le voir à la fois dans les deux études et dans les facteurs de corrélation, le Code est une mauvaise mesure d’intelligence générale et il cause une diminution d’élèves surdoués, dont la vitesse de traitement sur des tâches papier/crayons est rarement aussi développée que leurs capacités conceptuelles. Ce développement asynchrone est typique de la population surdouée ( Silverman, 1993) et c’est une autre raison pour laquelle la vitesse de traitement ne devrait pas jouer de rôle dans l’évaluation de la douance.

Conclusion

Les études conduites à ce jour sur le WISC-IV suggèrent que seulement deux des quatre indices, l’indice de Compréhension Verbale et l’indice de Raisonnement Perceptif, fournissent les meilleures mesures de douance. Du coup, il semble prudent d’administrer seulement 6 subtests du WISC-IV pour la sélection aux programmes de surdoués: Vocabulaire, Similitudes, Compréhension, Matrices, Puzzles Visuels et Cubes. L’Indice Général d’Aptitudes(IAG en anglais GAI=General Ability Index) peut être calculé à partir de ces six subtests, et il est recommandé à la fois par les éditeurs du test et le new Essentials of WISC-IV Assessment par Flanagan and Kaufman (2004). Ils conseillent d’utiliser l’IAG, à la place du QI Total, si les 4 scores composites varient de plus de 23 points, et si l’indice de Compréhension Verbale et l’indice de Raisonnement Perceptif varient de moins de 23 points. Dumont et Willis conseillent aussi de ne calculer leur DWI-1 et DWI-2 que si les scores qui les composent sont relativement proches.Cette version raccourcie du WISC-IV sera moins chère à administrer, consommera moins de temps, sera plus efficace et produira des estimations plus précises des capacités des élèves surdoués, sans les variables confusionnelles de la Mémoire de Travail et de la Vitesse de Traitement.

Références

Falk, R. F., Silverman, L K., & Moran, D. (2004, November). Using two WISC-IV indices to identify the gifted. Paper presented at the 51 st Annual Convention of the National Association for Gifted Children, Salt Lake City, UT.

Flanagan, D. P., & Kaufman, A. S. (2004). Essentials of WISC-IV assessment. Hoboken, NJ: John Wiley & Sons.

Kaufman, A. S. (1992). Evaluation of the WISC-III and WPPSI-R for gifted children. Roeper Review, 14, 154-158.

Keith, T. Z., Fine, J. G., Taub, G. E., Reynolds, M. R., & Kranzler, J. H. (2004). Hierarchical multi-sample, confirmatory factor analysis of the Wechsler Intelligence Scale for Children-Fourth Edition: What does it measure? (Manuscript submitted for publication)

Silverman, L. K. (1993). The gifted individual. In L. K. Silverman (Ed.), Counseling the gifted & talented (pp. 3-28). Denver: Love.

Wechsler, D. (2003). The WISC-IV technical and interpretive manual. San Antonio, TX: Psychological Corporation.