Pour que les enfants précoces soient plus… par congresvirtuel

 

 

Sophie Cote est Principale honoraire du Collège du Cèdre au Vésinet et Présidente d’honneur, fondatrice de l’AFEP . Elle nous parle ici de la scolarité des enfants à haut potentiel, et de la manière dont celle-ci peut être rendue plus heureuse.

Ces enfants sont en décalage par rapport aux autres enfants de leur âge, notamment en avance au niveau du vocabulaire, de la lecture, de la compréhension, ce sont des enfants curieux qui ont le goût de la difficulté, intuitifs et créatifs. Leur mode de fonctionnement est significativement différent, ce qui justifie la mise en place de mesures particulières (sans forcément tenir compte du critère d’âge).

En primaire, les classes uniques ou les classes à double niveau peuvent être une réponse, car l’enfant prendra ce qu’il peut prendre de tous les enseignements auxquels il sera exposé. Les sauts de classe sont à favoriser s’il n’existe pas ce type de structure dans l’école choisie. Cela se passera d’autant mieux que l’enseignant, seul référent, connaît généralement bien chaque enfant et ses besoins.

Au collège, le contexte est différent car les professeurs peuvent voir jusqu’à 180 élèves par jour et il leur est impossible d’adapter leur enseignement à chacun.
Les enseignants ont alors à gérer des classe hétérogènes, où les élèves qui auraient pu être les plus brillants décrochent par ennui. En 1994, une enquête auprès de 300 familles d’enfants à haut potentiel a d’ailleurs permis d’objectiver qu’en fin de classe de troisième, 1/3 avait bien réussi, 1/3 avait des résultats médiocres et 1/3 était même en échec scolaire.
A la suite de cette étude, Sophie Cote et l’équipe éducative du collège du Cèdre décident de la création d’une classe particulière pour y accueillir ces enfants (cas unique en établissement public), sur la base de tests d’aptitude collectifs prêtés par le centre de psychologie appliquée et passés sous le contrôle d’un psychologue en sixième. Les bénéfices pour ces enfants sont multiples : ils peuvent travailler à leur rythme, à leur façon et avoir des amis, les enseignants dispensent une pédagogie adapté au mode d’acquisition des connaissances tout en suivant le programme, le temps gagné avec l’élimination des répétitions servant à la culture, à l’approfondissement et au développement des passions.

Au niveau de l’Éducation Nationale les associations ont sollicité les ministres et, grâce au soutien des chercheurs et universitaires, elles ont pu les convaincre d’agir. François Bayrou avait notamment parrainé le premier congrès de l’AFEP à la Sorbonne, Jack Lang et Xavier Darcos ont monté des commissions afin d’auditionner les professionnels s’intéressant à ce domaine. C’est à partir de là que l’Inspecteur général Delaubier a pu établir un rapport en 2002*, ayant permis trois avancées majeures : la reconnaissance de l’existence de ces enfants et de leurs particularités, la nomination d’un inspecteur par académie chargé du dialogue parents/enseignants, et la création d’un module dédié à la précocité intellectuelle dans la formation des enseignants.

Si Sophie Cote salue ce progrès, elle continue de penser qu’il faut aller plus loin, au collège surtout. Elle a défendu l’idée des classes spécifiques, toutefois cela n’a pas été retenu dans le rapport final, selon en raison de la « sacro sainte Egalité qui conduit tant d’élèves à l’échec », malgré un retour d’expérience positive de 20 ans dans son collège. Pour elle, les parents doivent continuer de se mobiliser pour la création de telles classes afin de faire bouger les choses, sans attendre encore 20 ans, comme cela a été le cas pour cette reconnaissance tant espérée.

vidéo publiée avec l’aimable autorisation de Sophie Cote, tirée de http://www.congres-virtuels.com/

pour en savoir plus : http://www.sophie-cote.fr/

*http://www.education.gouv.fr/cid2022/la-scolarisation-des-eleves-intellectuellement-precoces.html