[amazon_link id= »2296140165″ target= »_blank » container= » » container_class= » » ]Toi Qu'on Dit Surdoue la Precocite Intellecturelle Expliquee aux Enfants[/amazon_link]

Après avoir vu un psychologue, on t’a expliqué que tu étais surdoué. Mais même si tu en as peut-être déjà entendu parler tu ne sais pas exactement de quoi il s’agit, comme beaucoup d’autres gens qui pensent seulement que c’est une capacité spéciale qui permet de tout apprendre sans aucun problème. Être surdoué n’est pas une maladie, c’est avant tout un fonctionnement différent et rare qui a un impact sur tous les domaines de la vie. Même si des tas d’enfants surdoués vont très bien, certains souffrent et rencontrent des difficultés à s’adapter à cette différence à un moment de leur vie. Ce livre s’adresse à ceux-là.

Il est généralement admis qu’un enfant est surdoué lorsqu’il a un QI supérieur à 130 et un fonctionnement différent. Certains n’aiment pas ce mot parce qu’il paraît prétentieux, alors ils disent « intellectuellement précoce ». Mais ce terme-là est moins juste, parce qu’on reste surdoué toute sa vie, on est différent et pas simplement « en avance ». Tu gardes les besoins et le comportement d’un enfant de ton âge, parfois même tu n’as pas très envie de grandir. Certains encore, parlent d’ « enfants indigo » ou « enfants cristal » qui seraient des extra-terrestres investis d’une mission, mais il ne faut pas les croire, ce sont des gens qui cherchent juste à gagner beaucoup d’argent.

Les tests d’intelligence ont été inventés au début pour aider les enfants qui réussissaient moins que les autres du même âge en les regroupant dans des classes spéciales pour qu’ils puissent suivre. On parlait d’âge mental. Les tests de QI ne mesurent pas l’intelligence mais l’efficience intellectuelle, c’est à dire ce que tu es capable de mobiliser de ton intelligence à un moment donné. On ne peut pas réussir les tests par hasard mais on peut avoir de moins bons résultats que ce qu’on pourrait obtenir si par exemple au moment du test on ne va pas bien. Le WISC mesure différentes manières d’exprimer son intelligence. Parfois, lorsqu’il y a trop d’écart entre les notes aux épreuves du test, on ne peut pas calculer le QI, mais cela ne veut pas dire que l’enfant n’est pas surdoué. Il faut regarder aussi sa façon de fonctionner, pour savoir s’il en présente les caractéristiques, comme par exemple le fait d’être « trop » dans tous les domaines.

Les enfants surdoués sont notamment des enfants avec un langage bien construit et beaucoup de vocabulaire très tôt (parfois l’enfant ne se met à parler que lorsqu’il sait et parlera tout de suite bien, sans être passé par le « parler bébé »), parlant souvent beaucoup et aimant jouer avec les mots, utiliser des mots précis, en inventer, poser des questions, lire. Ils ont une très bonne mémoire, souvent visuelle, car ils pensent beaucoup avec des images (ils peuvent par exemple voir les mots dans leur tête associés avec des scènes et des émotions), mémorisation qui serait favorisée par un sommeil différent. Parfois ils sont même synesthètes, associant involontairement des idées et des perceptions. Ils sont toujours nés surdoués, souvent dans une famille où d’autres membres le sont aussi (transmission génétique), l’expression de leur intelligence variant en fonction du milieu et du vécu.

Mais les enfants surdoués sont fragilisés par un esprit critique trop développé, une tendance à l’opposition, une impatience liée à leur rapidité de réflexion, la nécessité de relier action et sens, un besoin d’amour qui sera rarement comblé car excessif, une hypersensibilité envahissante, un sens de l’observation qui les rend plus spectateurs qu’acteurs, une anxiété latente, et un décalage entre la maturité intellectuelle et affective. Parfois, toutes ces fragilités conduisent à la dépression ou à la phobie scolaire. A l’école il est difficile de se faire des amis : envies différentes, ennui qui rend triste et ne donne pas envie aux autres de jouer, ou tendance à trop réfléchir seul dans son coin. Il est difficile aussi parfois de prendre plaisir à apprendre lorsque les choses que l’on entend sont déjà connues, lorsque l’on n’en voit pas vraiment l’intérêt, ou tout simplement lorsque cela devient un peu plus difficile on peut ne pas savoir comment faire des efforts et perdre confiance en soi. Difficile aussi de mobiliser son attention sur une seule chose, de fonctionner en mode séquentiel alors que l’on fonctionne habituellement sur le mode simultané, de comprendre que ce que l’on nous demande n’est pas aussi compliqué que ce qu’on pense. C’est à l’école que l’on voit parfois se manifester des troubles d’apprentissage dont malheureusement la douance ne protège pas. Dans certains cas, le saut de classe peut permettre d’améliorer le vécu scolaire.

Pour aller mieux il est d’abord important de se dire que cette différence ne disparaîtra pas et qu’il va falloir apprendre à vivre avec, accepter. Parfois aller voir un psychologue peut aider. Dans tous les cas il est important de retenir qu’il faut être fier de ce que l’on est sans en devenir prétentieux, important que l’école et les parents puissent aussi comprendre et s’adapter. Et pour se faire des amis, rien de tel que rester soi, naturellement, et de temps en temps utiliser ses capacités d’observation et d’analyse pour s’adapter aux autres et aux situations qui surviennent. Sans oublier que si l’amitié est importante elle ne vaut pas le coup à n’importe quel prix. Ne rejette pas ce que tu es, fais toi confiance, même si la vie ne sera pas simple tous les jours!