Traduit d’après http://www.gifteddevelopment.com/Whats_New/flynn.htm avec l’aimable autorisation de Linda Silverman.

Quelle est la légitimité de l’effet Flynn pour les surdoués?

 

L’effet Flynn sur les échantillons de surdoués: Mise à jour de 2007

 

John D. Wasserman
George Mason University

L’augmentation des scores aux tests cognitifs et intellectuels depuis au moins 3 générations a été nommé « effet Flynn » (Herrnstein & Murray, 1994). Sur la base de résultats présentés initialement en 1984, l’effet Flynn décrit un gain conséquent de  QI au cours du temps et  dans toutes les nations (Flynn, 1984, 1987, 1994, 1999).  Pour les tests de QI, le gain est d’environ 0,3 points de QI par an (ou 3 points de QI par décennie), et est à peu près uniforme dans le temps et similaire pour tous les âges (Flynn, 1999). Flynn prétend clairement que sa conclusion de gain de QI au fil du temps devrait être appliquée à tous les scores, des très faibles à moyens à très élevés. Il préconise même que l’effet Flynn, qui a été dérivé de grands groupes-étude, peut être utilisé pour générer des scores compensant les résultats individuels, en dépit de la probabilité que de telles corrections sont susceptibles de contenir beaucoup plus d’erreurs que de prédictions précises.

Mon examen des données de recherche psychologique suggère que l’effet Flynn n’a pas encore été correctement démontré pour tous les niveaux de capacité; il y a  quelques confirmations de sa validité pour les personnes à faible capacité ( par exemple celles ayant une déficience intellectuelle ou des troubles d’apprentissage), mais il n’existe aucune preuve de fond de sa validité pour des personnes de haute capacité (en particulier ceux qui sont surdoués). Des preuves appuyant l’effet Flynn ont été rapportées pour les handicapés mentaux légers  ainsi que pour des personnalités borderlines, avec des gains de QI au fil du temps  similaires à ceux que  Flynn avait trouvés au milieu de la distribution du QI (Kanaya, Scullin, & Ceci, 2003). . L’idée que les gains de QI sont concentrés dans la moitié inférieure de la distribution a été affirmée par les chercheurs qui sont à l’origine de l’invention du terme (Herrnstein et Murray, 1994). L’impact de l’effet Flynn sur la classification des individus avec des troubles d’apprentissage a été récemment abordé par Truscott et Volker (2005; voir aussi Sanborn, Truscott, & Phelps, 2003), bien que leurs recherches soient basées sur un diagnostic de handicap léger utilisant le QI (une pratique qui a été sérieusement remise en cause ces dernières années). Je n’ai pas encore vu de vraie étude empirique de l’effet Flynn sur des échantillons de surdoués.

Dans sa critique perspicace de l’effet Flynn, Rodgers (1999; voir aussi Rowe & Rodgers, 2002) note que l’évolution des moyennes dans une distribution de scores de QI ne permet pas d’identifier quel (sous-)groupe dans la distribution subit réellement un changement. Par exemple,  un gain de QI avec le temps peut être produit en améliorant un environnement  néfaste (par exemple, en améliorant l’éducation et avec de meilleures pratiques nutritionnelles) chez les populations à bas QI à risques. Des preuves montrent la contribution des individus à bas QI à l’augmentation des résultats aux tests:  au travers d’un large échantillon de jeunes hommes danois en âge de travailler, par exemple, Teasdale et Owen (1989) mentionnèrent que le gain aux tests semble être concentré parmi les candidats ayant le moins de capacités.

Rowe et Rodgers (2002) notent aussi que les changements dans la variance de la distribution des scores suivent les changements de moyennes. Un gain  de QI avec le temps peut être produit par une diminution de la variabilité des scores à l’extrémité basse de la distribution, ou encore en augmentant la variabilité à l’extrémité haute.

L’effet Flynn est à l’origine issu de recherches sur les tests de QI qui sont de bons indicateurs des  capacités intellectuelles générales (Le facteur g de Spearman) comme les matrices de Raven. Si cet effet reflète bien le gain en g avec le temps, alors Kane et Oakland (2000) ont peut-être trouvé une explication pour son absence relative parmi les personnes très surdouées. Kane et Oakland (2000) ont signalés que sur les échelles de Wechsler, g présente moins de variance pour les individus à haut QI que pour les individus à bas QI. Sur la base de l’argument avancé par Rowe et Rodgers (2002) que les changements dans la variance dans certaines parties d’une distribution peut expliquer l’apparition de changements dans le score moyen, la conclusion de Kane et Oakland peut expliquer pourquoi les extrêmes de la courbe ne montrent pas le même effet Flynn.

La méthodologie pour démontrer l’effet Flynn parmi les surdoués demande des constructions de tests comparables avec des plafonds adéquats et des échantillons qui soient exempts de biais de sélection parmi la population – autant d’exigences qui constituent des défis importants. Pour encore compliquer le problème, certaines découvertes récentes suggèrent que l’effet Flynn est arrivé en bout de course et que le gain général de QI de la population avec le temps stagne (Teasdale & Owen, 2005; Sundet, Barlaug, & Torjussen, 2004).

References

Flynn, J.R. (1984). The mean IQ of Americans: Massive gains 1932 to 1978. Psychological Bulletin, 95, 29-51.

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Flynn, J. R. (1994). IQ gains over time. In R. J.Sternberg (Ed.), The encyclopedia of human intelligence (pp. 617-623). New York: Macmillan.

Flynn, J.R. (1999). Searching for justice: The discovery of IQ gains over time. American Psychologist, 54, 5-20.

Flynn, J. R. (2006). Tethering the elephant: Capital cases, IQ, and the Flynn effect . Psychology, Public Policy, and Law, 12, 170-189.

Herrnstein, R. J., & Murray, C. (1994). The bell curve. New York: Free Press.

Kanaya, T., Scullin, M. H., & Ceci, S. J. (2003). The Flynn effect and U.S. policies: The impact of rising IQ scores on American society via mental retardation diagnoses. American Psychologist, 58, 778-790.

Kane, H., & Oakland, T. D. (2000). Secular declines in Spearman’s g: Some evidence from the United States.  Journal of Genetic Psychology, 161, 337-345.

Rodgers, J. L. (1999). A critique of the Flynn effect: Massive IQ gains, methodological artifacts, or both? Intelligence, 26, 337–356.

Rowe, D. C., & Rodgers, J. L. (2002). Expanding variance and the case of historical changes in IQ means: A critique of Dickens and Flynn (2001).Psychological Review, 109, 759-763.

Sanborn, K. J., Truscott, S. D., & Phelps, L. (2003). Does the Flynn effect differ by IQ level in samples of students classified as learning disabled?  Journal of Psychoeducational Assessment, 21, 145-159.

Sundet, J. M., Barlaug, D. G., & Torjussen, T. M. (2004). The end of the Flynn effect? A study of secular trends in mean intelligence test scores of Norwegian conscripts during half a century.  Intelligence, 32, 349-362.

Teasdale, T. W., & Owen, D. R. (1989). Continuing secular increases in intelligence and a stable prevalence of high intelligence levels. Intelligence, 13, 255–262.

Teasdale, T. W., & Owen, D. R. (2005). A long-term rise and recent decline in intelligence test performance: The Flynn Effect in reverse.  Personality and Individual Differences, 39, 837-843.

Truscott, S. D., Volker, M. A. (2005). The Flynn Effect and LD Classification: Empirical evidence of IQ score changes that could affect diagnosis.  In A. Columbus (Ed.), Advances in psychology research, Vol. 35 (pp. 173-204). New York: Nova Science.

John D. Wasserman, Ph.D., Associate Professor of Psychology à la George Masonuniversity , est formateur, médecin et chercheur en psychologie. Après avoir obtenu son Ph.D. de psychologie à l’Université de Miami, il a effectué une bourse d’études en neurologie clinique à la Louisiana State University et au Tulane Medical Centers, Nouvelle Orleans.  Il a développé et dirigé un service pédiatrique en neuropsychologie au Children’s Hospital de la Nouvelle Orleans, avant de passer 8 ans dans l’industrie d’édition de tests, dirigeant le développement de  tests psychologiques pour mesurer le fonctionnement cognitif, neuropsychologique, social et émotionnel – incluant le  Stanford-Binet Intelligence Scale (5 th edition).  De 2001 à 2005, Dr. Wasserman a dirigé le programme de test des surdoués de la George Mason University à Fairfax, Virginia.